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Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis 2026 : Soyez prêts face aux tsunamis, la résilience commence avec vous

Rédigé par Rosa De León

Bien que les tsunamis soient peu fréquents dans la Grande Caraïbe, leurs conséquences peuvent être catastrophiques, faisant de la préparation un élément essentiel d'une approche plus large de la réduction des risques de catastrophe. Le thème de 2026 de la Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis, célébrée chaque année le 5 novembre, « Soyez prêts face aux tsunamis : La résilience commence avec vous », attire l'attention sur le rôle des individus et des communautés dans la réduction des risques de tsunami. Cependant, la préparation ne peut dépendre uniquement de l'action individuelle ; elle nécessite également des informations accessibles sur les risques, des systèmes d'alerte précoce efficaces et un soutien institutionnel coordonné.

L'histoire de la région montre pourquoi une telle préparation est cruciale. Selon les Centres nationaux d'information environnementale de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis (NOAA NCEI) et al. (2023), quarante-cinq (45) tsunamis ont causé des dégâts dans la Caraïbe, l'Amérique centrale, le Mexique et les régions avoisinantes entre 1530 et 2023, dont dix-neuf (19) ont entraîné  près de 6 500 décès. Parmi les plus dévastateurs figurent le tsunami de 1692 à Port Royal, en Jamaïque, qui a coûté la vie à environ 2 000 personnes, et le tsunami engendré par un séisme en 1946 en République dominicaine, qui a fait environ 1 790 victimes. Ces chiffres démontrent que même des événements rares peuvent provoquer d'importantes pertes humaines.

Le risque de tsunami dans la Grande Caraïbe découle de son contexte géologique complexe, où les séismes le long des limites de plaques tectoniques actives, l'activité volcanique et les glissements de terrain sous-marins peuvent tous en engendrer. La Caraïbe orientale, en particulier, compte plusieurs sources potentielles génératrices de tsunamis. Un exemple est le Kick-’em-Jenny, un volcan sous-marin actif situé à environ huit (8) kilomètres au nord de Grenade. Le volcan est surveillé par le Centre de recherche sismologique de l'Université des Indes occidentales (UWI SRC), qui note que bien que de fortes explosions ou des glissements de terrain puissent générer des tsunamis, une éruption à sa profondeur actuelle est considérée comme peu susceptible d'en déclencher un (UWI Seismic Research Centre, s. d.). Cette distinction est importante : la présence de sources potentielles ne signifie pas qu'un tsunami soit imminent, mais elle renforce la nécessité d'une surveillance scientifique continue et d'une préparation adaptée.

Les données historiques indiquent également la fréquence à laquelle de tels événements peuvent se produire. Selon la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO (COI-UNESCO) (2024b), la région de la Caraïbe peut s'attendre à environ quatre (4) tsunamis destructeurs par siècle. Bien que certaines zones n'aient aucun antécédent enregistré de tsunamis destructeurs, toutes les zones côtières restent potentiellement exposées. La préparation est donc essentielle pour les communautés côtières de toute la région, y compris celles qui n'ont pas d'expérience directe récente de tels événements.

Protéger les communautés sur un si grand nombre de littoraux et de frontières nationales exige plus qu'une action locale ; cela repose sur une coopération régionale soutenue. Au niveau technique, les dispositifs d'alerte aux tsunamis sont coordonnés par le Groupe intergouvernemental de coordination du Système d'alerte aux tsunamis et autres risques côtiers pour la Caraïbe et les régions adjacentes (ICG/CARIBE-EWS), sous l'égide de la COI-UNESCO, qui supervise les activités liées au risque de tsunami dans trente-deux (32) États membres. Son action s'articule autour de domaines clés tels que la connaissance des risques, la détection et la prévision des tsunamis, la diffusion des alertes et les capacités de réponse. Ensemble, ces fonctions renforcent les différentes étapes du processus d'alerte, contribuant à garantir que la détection scientifique soutienne une action communautaire rapide (COI-UNESCO, 2024a).

Les exercices régionaux et les programmes communautaires permettent de mettre en pratique ces dispositifs. CARIBE WAVE, organisé chaque année, permet aux pays et territoires de tester leurs mécanismes d'alerte, d'identifier les lacunes de communication et de renforcer la coordination institutionnelle ; l'exercice 2026 a mobilisé plus de 619 000 participants inscrits issus de 44 pays et territoires (COI-UNESCO, 2026). Au niveau local, le Programme de reconnaissance « Tsunami Ready » de la COI-UNESCO accompagne les communautés dans l'évaluation des risques, la sensibilisation du public et la planification des évacuations ; des communautés à la Barbade, au Belize, au Costa Rica et à Grenade, entre autres, ont déjà été reconnues (COI-UNESCO, 2024b). Ensemble, ces efforts rapprochent la préparation des populations qui doivent agir en cas d'alerte.

Aussi perfectionné que soit un système d'alerte, son efficacité dépend en dernier ressort du « dernier kilomètre » : les alertes doivent inspirer confiance, être comprises et donner lieu à une action rapide. Dans de nombreux scénarios de tsunami, les vagues peuvent arriver avant les alertes officielles ; la survie dépend donc souvent de la capacité des individus à reconnaître les signes naturels d'avertissement — tels qu'une secousse sismique forte ou prolongée, un retrait ou une montée inhabituelle de la mer ou un rugissement puissant venant de l'océan — et à agir dès les premières minutes critiques (Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe [UNDRR], 2026). Les plans d'urgence familiaux, la familiarisation avec les itinéraires d'évacuation et la participation régulière aux exercices d'entraînement permettent de transformer cette sensibilisation en action rapide. La préparation doit également être inclusive, afin que les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées, les migrants et les visiteurs pouvant nécessiter une assistance supplémentaire lors d'une évacuation ne soient pas laissés pour compte.

Permettre aux personnes et aux communautés d'agir face aux alertes est une responsabilité partagée entre les autorités nationales, les organismes régionaux et les communautés locales. L'Association des États de la Caraïbe (AEC) contribue à cet effort conformément à son mandat visant à promouvoir la concertation, la coopération et l'action concertée au sein de la Grande Caraïbe. Par l'intermédiaire de son Comité spécial sur la réduction des risques de catastrophe, l'AEC offre une plateforme aux États membres et aux Membres associés pour échanger des connaissances, renforcer les capacités institutionnelles et promouvoir des approches collaboratives de réduction des risques de catastrophe. L'AEC a également mis en œuvre la Plateforme d'Information Territoriale de la Caraïbe pour la Prévention des Catastrophes (PITCA), qui a amélioré la capacité des États membres à recevoir et à partager des informations géospatiales sur les aléas et les risques pour éclairer la planification et la prise de décision.

La contribution de l'AEC complète les mécanismes spécialisés tels que l'ICG/CARIBE-EWS et le Programme de reconnaissance « Tsunami Ready » de la COI-UNESCO. Alors que ces mécanismes coordonnent les alertes techniques et la préparation locale, l'AEC facilite le dialogue politique, la coopération interinstitutionnelle et l'échange de connaissances au-delà des frontières. Cette approche à plusieurs niveaux est essentielle dans une région où les effets des aléas dépassent  les frontières et nécessitent des réponses coordonnées.

L'action de l'AEC dans ce domaine s'aligne sur le Plan stratégique de l'AEC : Grande Caraïbe 2035, qui définit la « Réduction des risques avec une approche de justice climatique » comme l'une de ses cinq priorités stratégiques. Le Plan met l'accent sur des systèmes équitables de réduction des risques de catastrophe ancrés dans une gouvernance participative et une gestion responsable des risques, guidés par « le principe selon lequel la résilience commence avec les personnes », ce qui fait fortement écho au thème de cette année. Cette approche reconnaît que la résilience ne dépend pas seulement des alertes et des données techniques, mais aussi de la capacité institutionnelle et des ressources nécessaires pour transformer l'information en mesures de protection.

La préparation aux tsunamis ne peut reposer uniquement sur des systèmes d'alerte ou des actions individuelles isolés. Elle exige une coopération régionale soutenue, des dispositifs nationaux efficaces et des communautés dotées des connaissances et des ressources nécessaires pour réagir. Pour la Grande Caraïbe, le renforcement de ces liens est essentiel afin de protéger les populations côtières, les moyens de subsistance et les infrastructures. En cette Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis, le message est clair : connaissez les signes d'alerte, comprenez les risques, préparez un plan et aidez les autres à en faire autant. L'AEC reste déterminée à travailler avec ses États membres, ses Membres associés et ses partenaires pour renforcer la préparation dans toute la Grande Caraïbe. La résilience commence avec vous, mais elle se consolide grâce à la responsabilité collective.

 

Références

UNESCO Intergovernmental Oceanographic Commission (IOC). (2024a). Intergovernmental Coordination Group for the tsunami and other coastal hazards warning system for the Caribbean and adjacent regions (ICG/caribe-EWS). Unesco.Org. https://tsunami.ioc.unesco.org/en/caribbean/icg-caribe-ews 

UNESCO Intergovernmental Oceanographic Commission (IOC). (2024b). Tsunami Program. Unesco.Org. https://tsunami.ioc.unesco.org/en/caribbean 

UNESCO Intergovernmental Oceanographic Commission (IOC). (2024c, May 27). What to do. Unesco.Org. https://tsunami.ioc.unesco.org/en/what-do 

UNESCO Intergovernmental Oceanographic Commission (IOC). (2026, May 29). Nineteenth session of the ICG/caribe-EWS in Willemstad, Curacao, 22-24 april 2026. UNESCO. Unesco.Org. https://www.ioc.unesco.org/en/articles/nineteenth-session-icg/caribe-ews-willemstad-curacao-22-24-april-2026 

United Nations Office for Disaster Risk Reduction [UNDRR]. (2026, September 28). World tsunami awareness day 2026 concept note. Undrr.Org. https://tsunamiday.undrr.org/publication/documents-and-publications/world-tsunami-awareness-day-2026-concept-note 

United States National Oceanic and Atmospheric Administration National Centers for Environmental Information (NOAA NCEI), World Data Service (WDS), & International Tsunami Information Centre (ITIC). (2023). Historical tsunamis (1530 to 2023) Caribbean, Central America, Mexico and adjacent regions. https://www.ncei.noaa.gov/sites/default/files/2023-08/Historical%20Tsunamis%20%281530%20to%202023%29.pdf 


UWI Seismic Research Center. (n.d.). Caribbean tsunamis | the UWI Seismic Research Centre. Uwiseismic.Com. https://uwiseismic.com/tsunamis/caribbean-tsunamis/ 

 

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